L'apprentissage précoces des langues

Ou pourquoi les exposés aux langues dès le plus jeun âge.


Beaucoup de travaux classiques issus de la théorie développée par Lenneberg (1967) se référaient à l’adolescence comme limite supposée de la possibilité de stratégies « naturelles » d’acquisition d’une deuxième langue.

Werker et Tees (1988) montrent que les enfants anglophones peuvent, jusqu’à 6-8 mois, discriminer les contrastes phonétiques du Hindi, alors que les adultes parlant l’anglais en sont incapables; mais ils montrent aussi que cette capacité diminue dès 9 mois.

D’autres études montrent que les acquisitions réalisées à propos des structures de la langue maternelle constituent un handicap pour entendre (et non pas seulement reproduire) et organiser les sons relevant d’une autre structure, celle de la deuxième langue: les sons de la deuxième langue seraient alors mal perçus et mal interprétés parce qu’ils passent par le « crible phonologique » de la langue maternelle. Ce phénomène serait un phénomène progressif, où la frontière au-delà de laquelle la perception des sons du langage serait figée sous l’effet du conditionnement de la langue maternelle après 13-14 ans.

De plus, les différences individuelles dans la réussite à l’apprentissage d’une deuxième langue augmentent avec l’âge auquel on apprend. Les performances d’apprentissage seraient optimales jusqu’à environ 7 ans et les différences interindividuelles sont faibles jusqu’à cet âge et deviennent plus importantes par la suite.

 “Les travaux des quinze dernières années montrent que, dès la naissance, l’oreille et le cerveau humains ont la faculté de percevoir et traiter des distinctions très fines entre les phonèmes appartenant aux langues maternelles. Cette sensibilité aux contrastes phonétiques s’amenuise progressivement au profit des seuls phonèmes de la langue de l’environnement.” La plasticité du cerveau du jeune enfant est telle qu’il apprendra les langues, et beaucoup d’autres choses d’ailleurs, avec une facilité interdite à l’adulte ; ce fait est reconnu et à prendre en compte , à l’avenir, si l’on veut donner à l’enseignement des langues étrangères sa juste place dans nos écoles primaires.

On dispose maintenant de données empiriques qui montrent que la surdité aux sons étrangers commence à se manifester très tôt, dès la fin de la première année de vie, et que le conditionnement lié aux caractéristiques du système phonologique de la langue maternelle s’installe progressivement durant les premières années de vie. L’oreille du nouveau-né est très rapidement « habituée » aux caractéristiques spécifiques de la langue de son entourage, et les sons des autres langues, qui n’entrent pas alors dans la structure phonologiques de la langue maternelle, deviennent progressivement inaudibles pour l’enfant.

Ces résultats appuient l’importance d’exposer les enfants dès la naissance aux sons d’une deuxième langue afin d’étendre son spectre de reconnaissance des sons et lui permettre d’appréhender les langues avec plus de facilité en grandissant. Mais il faut également souligner que les enfants, même bilingues, ont une faculté à oublier une langue quand elle n’est pas entretenue. Il est donc très important d’offrir cette continuité dès la naissance et en entretenant cette exposition tout au long de leur enfance, que ce soit dans le cadre scolaire ou péri-scolaire.

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